« Qui sait ! Peut-être un jour sur ce coin de l’Artois on élèvera un monument pour commémorer cet élan de fraternité entre des hommes qui avaient l’horreur de la guerre et qu’on obligeait à s’entretuer malgré leur volonté. »

Lorsque Louis Barthas écrit cette phrase dans ses Carnets de guerre le 10 décembre 1915 après avoir participé à des Fraternisations, il sait que cette idée est totalement utopique et irréaliste dans le contexte de l’époque. Il imagine avec raison que l’on élèvera plutôt des monuments pour célébrer les batailles et commémorer les morts. Mais il espère qu’avec le temps on cessera d’interpréter les Fraternisations comme des actes de lâcheté ou de trahison mais comme des élans d’humanité aussi respectables que les actes de bravoure ou de sacrifice. Il faudra un siècle et plusieurs tentatives pour que l’Histoire lui donne raison.

Photos prises par des soldats allemands dans le secteur où a fraternisé Louis Barthas